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De souche modeste...
Dans le passé les improvisateurs basques étaient presque tous de souche
modeste, sortant de milieux pastoraliers et paysans.

D'ailleurs, très souvent, ils prennaient comme pseudonyme le nom de leur
ferme natale, parfois celui de leur village : Juan-Francisco Petriarena dit
"Xenpelar" était de la maison "Xenpelarre" de Renteria ou Pernando Aire dit
"Xalbador" de "Xalbadorrenea" d'Urepel ; Pernando Bengoetxea dit Pernando
Amezketarra était du village d'Amezketa en Guipuzcoa, Mattin Trecu dit
"Ahetzeko Mattin", demeurait à Ahetze, etc.
A l'époque où les journaux, les émissions radiophoniques et la télévision
n'existaient pas, le bertsulari était le personnage laïque le plus
extraordinaire ; attirant l'attention de tous, il savait parfaitement
communiquer avec ses concitoyens.
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Les guides
Des bertsularis vous accompagnent dans ce site. Au cours de votre
visite : cliquez sur leurs portraits pour découvrir leurs commentaires.
Xalbador
"C’est dans le métier de berger que je m’épanouissais le plus, mais on ne
me laissa pas m’occuper du troupeau avant que j’en exprime la volonté.
Pourtant, à quatorze ans j’avais déjà pris en charge tous les travaux en
rapport avec les brebis. Jusqu’à la disparition de mon père, le métier de
berger constitua ma principale tâche ; par la suite, je fus contraint
de m’occuper de tout".
Amets Arzallus
"Tout d’abord, l’improvisateur doit bien maîtriser l’euskara. Il doit
avoir un niveau qui lui permette de jouer avec la langue, car dans la
plupart des improvisations, c’est cela qui marque l’originalité et la
qualité de raisonnement de l’improvisateur.
Ensuite, il faut ressentir du plaisir : si vous n’avez pas de plaisir,
vous n’apprendrez pas. Et puis je crois qu’il faut “quelque chose” en plus.
Dans le domaine du sport, si vous n’avez pas la base physique dès le départ,
vous pouvez acquérir une grande technique, mais vous ne parviendrez jamais à
un certain niveau. De même, dans le domaine de l’improvisation, vous devez
avoir ce “déclic”, cette capacité à donner aux choses une tournure
personnelle.
Certains donneront le meilleur d’eux-mêmes lorsqu’ils traiteront un sujet
en profondeur, ils lui apporteront une dimension lyrique. D’autres sont
inégalables lorsqu’ils interviennent dans le registre de l’humour.
Chacun donnera à son improvisation sa personnalité propre. Cela requiert
des qualités particulières"
Sustrai Colina
"Il faut donner beaucoup de son temps à l’improvisation et laisser de
côté beaucoup de choses : les sessions ont lieu la plupart du temps le
vendredi, le samedi et les jours de repos.
Le plus souvent vous devez laisser vos amis, votre famille. Par exemple,
il est très difficile d’avoir une vie de couple. Moi, je ne me rends pas au
travail le lundi, mais quand les autres sont libres je suis à l’extérieur.
Peu de gens sont prêts à accepter cela.
L’improvisateur a l’image de quelqu’un qui fait toujours la fête… Mais au
prix de nombreux sacrifices ! Et il est vrai que notre environnement
familial a sans doute souffert de cela. Pour une mère il n’est pas forcément
facile de savoir son fils sur la route à trois heures du matin.
Tout cela, les gens ne le voient pas. On dit toujours que l’improvisation
donne beaucoup si on lui donne beaucoup. Il faut beaucoup lui donner"
Miren Artetxe
"L’improvisation doit rester quelque chose d’humain, de modeste, de
populaire, à vivre dans l’instant, là où l’on est. C’est l’improvisateur qui
doit s’adapter au public, et non l’inverse. L’improvisateur doit surtout
être humble.
A l’heure actuelle, les médias parlent beaucoup de l’improvisation, les
improvisateurs écrivent dans la presse, donnent leur avis dans des films,
font n’importe quoi. Certes, nous développons de nombreuses compétences,
mais ce n’est pas parce que nous savons improviser que nous savons faire
tout le reste.
L’improvisation a été un système de communication propre à notre pays et
c’est ce qu’elle doit continuer à être. Et nous sommes à son service. C’est
une discipline qui nous apporte beaucoup, sur le plan des relations, de la
connaissance. Grâce à elle, nous avons découvert mille univers
différents.
Je crois que c’est la part qui nous revient. Et cela doit être aussi un
échange. Nous ne devons pas gagner davantage"
Patxi Iriart
"L’improvisation n’est pas une affaire de don, c’est une question de
pratique. L’improvisateur, avant tout, doit maîtriser l’euskara.
Il doit aussi avoir de l’humour, et il est vrai que tous les
improvisateurs, ou presque, en ont. Il doit également être capable de
chanter des vers émouvants, de façon à toucher les gens. On a surtour
recours aux improvisations émouvantes à l’occasion des championnats, mais
l’humour reste le plus important.
Dans l’histoire de l’improvisation, les sujets ont beaucoup évolué.
Autrefois on chantait surtout le monde rural, ou la patrie, la tradition et
la foi.
Aujourd’hui, tous les sujets sont abordés, c’est cela qui a changé, et
les improvisateurs sont scolarisés, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Mais les valeurs restent les mêmes. Un improvisateur se doit de lire la
presse.
Celui qui ne se tient pas au courant peut se trouver en difficulté par la
suite. Il faudrait également lire des livres, et travailler à partir des
anciennes improvisations.
C’est ce que nous faisons en classe d’improvisation : nous étudions la
façon dont les anciens utilisaient les métaphores, pour apprendre à former
nos idées"
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