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Le sens de l'image et de l'à-propos
Lorsqu'on a la chance de se trouver à côté de bertsulari ou que l'on
assiste à une joute, ce qui frappe le plus, c'est la rapidité d'esprit avec
laquelle ils composent un bertsu.
Oihane Enbeita lors des phases
finales du concours général de 2001 : l'écoute du thème de l'improvisation
(photo Juantxo Egaña - XDZ)
Etant donné qu'ils ne connaissent pas le sujet à l'avance et que donc il
ne peut y avoir de préparation, faire passer tant d'images en si peu de
temps, tout en respectant le rythme et la rime, est quelque chose de
vraiment impressionnant, de prodigieux !
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Les guides
Des bertsularis vous accompagnent dans ce site. Au cours de votre
visite : cliquez sur leurs portraits pour découvrir leurs commentaires.
Xalbador
"J’ai déjà dit le désir que je ressentais de devenir improvisateur, mais
je m’en sentais bien incapable. Cela est tellement vrai que je n’essayais
jamais d’élaborer le moindre couplet, même lorsque je me trouvais seul, cela
ne me venait même pas à l’esprit.
J’avais entendu quelques uns de mes amis raconter que dans les auberges,
certains s’affrontaient par le biais de couplets versifiés ; et qu’à leur
écoute, ils riaient de bon coeur.
A l’époque, je ne fréquentais pas encore les auberges. Une année, au
deuxième jour des fêtes du village, j’avais convenu avec mon ami de toujours
Lorentzo Tolosa que nous irions tous les deux au bal, le soir même. Le bal
devait se dérouler devant l’auberge Angelesainea.
Ce dont je me souviens, c’est que juste au moment où nous allions partir,
nous remarquâmes quatre ou cinq hommes qui improvisaient dans la cuisine de
l’auberge. Lorentzo et moi, nous les observions depuis la fenêtre".
Amets Arzallus
"L’improvisateur doit pouvoir se débrouiller avec tous les sujets. Savoir
un peu, mais sur tout.
La plupart du temps, à partir d’un élément, il s’agira pour lui de
trouver une forme de jeu qui lui permette de donner une tournure
particulière à l’improvisation. Cela demande de lire la presse et de se
tenir au courant de l’actualité.
Un jour, à l’occasion d’une joute, on a fait croire aux improvisateurs
présents qu’un avion s’était écrasé quelquepart dans le monde. Tous ont
chanté avec beaucoup de sérieux, persuadés que l’événement s’était vraiment
produit. Et tous ont improvisé quelque chose.
C’est bien la preuve que, même s’il ne connaît pas bien son sujet,
l’improvisateur trouvera toujours quelque chose à chanter"
Sustrai Colina
"Le bertsulari doit bien maîtriser la langue et surtout aimer jouer
avec les mots. Pas seulement lorsqu’il improvise, mais cela doit devenir une
façon de vivre. Il faut également savoir composer avec les gens.
Lorsque vous allez dans un village, la plupart du temps vous ne
connaissez personne : vous allez pourtant devoir trouver des sujets de
conversation pour discuter avec des gens que vous ne connaissez absolument
pas, et cela n’est pas toujours évident. Mais cela procure une grande
ouverture. En plus, vous êtes moins que les autres car les autres sont sur
leur terrain. Cela aussi est très enrichissant.
Mais je pense qu’aujourd’hui n’importe qui peut apprendre à improviser
dans une école d’improvisation. C’est un travail très mécanique. Si un
enfant de dix ans vient au cours d’improvisation, et si le professeur n’est
pas trop nul, au bout d’un an l’enfant aura appris à chanter un « zortziko
ttiki », c’est prouvé. Cela ne signifie pas pour autant qu’il sera
bertsolari.
Pour devenir bertsolari, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte :
l’amour que vous portent les gens, le charisme que vous pouvez avoir, la
chance aussi, et la passion que vous éprouvez pour cette discipline"
Miren Artetxe
"Je n’aime pas beaucoup les sujets trop fermés, qui nous conduisent
forcément à des clichés. Je préfère les sujets ouverts, par exemple : vous
êtes arrivé au bord de la falaise, vous ne savez pas si vous devez sauter ou
pas.
C’est à vous de décider. Si vous le souhaitez, vous pouvez exprimer vos
sentiments, ou un problème qui se pose à vous, que ce soit un problème de
société ou un problème personnel…
Des sujets comme celui-ci me motivent davantage, et je suis plus fière
d’avoir donné du plaisir au public avec un sujet comme celui-ci, qu’avec un
sujet traditionnel.
Il m’est arrivé de me surprendre moi-même, souvent dans le mauvais sens
d’ailleurs. Nous avons des idées progressistes, en faveur de l’égalité,
contre le racisme, mais quand il nous arrive de ne pas avoir le temps de
penser notre improvisation, des tas de préjugés nous viennent à l’esprit,
inconsciemment"
Patxi Iriart
"J’aime improviser sur tous les sujets. Par exemple, il est amusant de se
mettre dans la peau d’une autre personne, parce qu’il nous faut défendre
alors des idées et des arguments qui ne sont pas forcément les nôtres.
Finalement, c’est un peu comme du théâtre. Et cela nous plaît de faire
cela.
Il m’est arrivé aussi de donner mon propre avis alors que j’étais dans la
peau d’un autre personnage. Finalement, nous disons ce que nous pensons,
nous n’allons pas toujours chercher des choses extraordinaires.
On ne dit pas les mêmes choses devant un public jeune et devant un public
plus âgé, c’est à nous d’adapter notre discours.
Ce n’est pas non plus la même chose pour nous de nous produire au Pays
basque nord et au sud. Nous devons parfois modifier certains mots ou
certaines expressions, pour être compris de tous"
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