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Bertsularisme et lois
Dans son livre "Eracusaldiac" publié en 1850, Aguirre d'Asteasu cite
l'arrêté suivant :
"La loi espagnole interdit à toute personne de prononcer des mots
obscènes oude chanter des chansons grivoises, ni la nuit, ni le jour, que ce
soit dans la rue, sur la place publique ou en chemin, sous peine de recevoir
cent coups de fouet et de devoir quitter le village pendant un an."
Que cet interdit, et bien d'autres sûrement, visaient en premier lieu nos
"ber tsulari", ne fait pas l'ombre d'un doute !
Et cela a dû faire réfléchir les versificateurs... tout en freinant leur
ardeur !
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Les guides
Des bertsularis vous accompagnent dans ce site. Au cours de votre
visite : cliquez sur leurs portraits pour découvrir leurs commentaires.
Xalbador
"J’avais dix-neuf ans lorsque deux événements me frappèrent presque dans
la même journée : la mort de mon père et le début de la guerre en
France.
A partir de là, je ne chantais pratiquement plus. La période difficile de
la guerre faillit éteindre en moi cette flamme qui commençait tout juste à
se fortifier ; la période n’était pas à chanter des vers.
Sans aucun doute cela fut très préjudiciable à mon épanouissement en tant
qu’improvisateur. Une plante, quelle qu’elle soit, ne s’aurait s’épanouir
comme il se doit, si elle est soumise à la tempête au moment de sa
croissance.
Pourtant, une certaine réputation avait commencé à se propager à mon
sujet".
Amets Arzallus
"Quand j’étais enfant, je n’avais pas de modèle, à l’exception de mon
père. Plus tard, vers 13/14 ans, j’ai commencé à réaliser que j’avais une
préférence pour une certaine façon de versifier, et j’ai commencé à savoir
quelle voie j’avais envie de suivre.
Depuis, chaque fois que l’on m’a demandé quel était mon improvisateur
favori, j’ai répondu : Jose Agirre. Mon père se sentait très proche de lui,
parce qu’issu du même environnement.
Pour nous, à l’inverse, qui sommes des enfants de la ville, Jose Agirre est
à l’opposé de ce que nous vivons : issu du monde paysan, élevé dans un petit
coin de campagne, il a commencé très tôt à travailler… Il est porteur
d’autres références, et cela se sent dans sa manière d’improviser.
A mes yeux il est un modèle parce qu’il utilisait une langue riche et des
phrases très vivantes, et parce qu’il représente un monde qui est à l’opposé
du nôtre".
Sustrai Colina
"Quand j’étais petit, je voulais être joueur de pelote. C’est à peine si
je soupçonnais que l’on pût devenir improvisateur.
Par la suite, progressivement, on commence à penser que l’on pourrait
être bertsolari, on essaie de capter le talent des autres, et on éprouve de
l’admiration pour certains d’entre eux.
Et puis vient le jour où ceux que l’on admirait sont à côté de vous, et
ils deviennent même vos amis. Nous avons connu toute cette évolution. C’est
le cas avec Joxe Agirre, soixante quinze ans et toujours improvisateur. Vous
découvrez la personne et elle devient encore plus attachante à vos yeux.
Cette figure, ce symbole se rend avec vous dans un village et vous n’en
revenez pas de constater avec quelle humilité il se comporte, toujours prêt
à vous aider.
C’est une chance incroyable de pouvoir rencontrer pareilles
personnalités. C’est aussi le cas d’Andoni Egaña, trois fois champion,
théoricien hors pair, improvisateur lumineux, novateur, précurseur, mais
qui, lorsqu’il se trouve avec vous autour d’une table, est un parmi les
autres. Nous avons de grandes leçons à tirer de ces rencontres"
Miren Artetxe
"Mon père, et surtout mon grand-père, étaient amateurs d’improvisation. A
l’âge de 9/10 ans, j’ai commencé à suivre les cours de l’école
d’improvisation, dont s’occupait alors Jexux Arzallus.
A 12 ans, avec Amets Arzallus, nous allions à Oiartzun suivre des cours.
Et au bout de quelques années, nous avons cessé d’aller là-bas eta nous
avons amené à Hendaye l’enseignant d’Oiartzun. C’est ainsi que nous avons
créé un nouveau groupe à Hendaye.
J’ai l’impression d’être née en sachant improviser. Je sais que ce n’est
pas le cas, mais c’est la sensation que j’ai. En fait, j’ai décidé que
j’aimais l’improvisation à l’âge de 16 ans, lorsque je me suis rendu compte
que je ne pouvais pas à la fois faire de la danse, du théâtre, de la
musique, de l’improvisation et de la pelote. Au moment de choisir, je me
suis rendu compte que ce que je ne voulais absolument pas abandonner,
c’était l’improvisation. A partir de là, je crois que j’ai mieux assumé.
Je suis convaincue que ce sont les gens, le groupe qui vous font tenir…
Parce que ce n’est pas facile quand on est jeune. Nous n’étions pas nombreux
à pratiquer cette discipline, peu de filles, et le groupe devenait de plus
en plus restreint.
Je pense qu’aujourd’hui les choses sont plus faciles. Il y a davantage de
groupes, et on favorise davantage l’improvisation"
Patxi Iriart
« J’ai pris goût à l’improvisation lorsque l’ikastola de Bayonne a ouvert
un cours. J’étais en CM2 et nous étions un petit groupe. A partir de là,
j’ai toujours continué. Karlos Aizpurua était notre professeur.
Je dois avouer qu’au départ j’ai été poussé par ma mère. Mais par la
suite, je me suis rendu compte que l’improvisation permettait d’apprendre
des tas de choses. En plus, c’était quelque chose de nouveau, et cela
changeait des activités habituelles comme le football ou la pelote.
Par la suite, quand les écoles d’improvisation ont démarré, nous nous
retrouvions en dehors des heures de cours, une heure par semaine, toujours
avec Karlos Aizpurua comme enseignant. Puis je suis parti au collège de
Cambo et là, un nouveau groupe s’est formé : nous étions quelques uns à
venir du lycée Bayonne, d’autres venaient du Pays basque intérieur.
A présent, nous sommes cinq, quatre garçons et une fille. Au départ, nous
étions plus nombreux, tout simplement parce que certains abandonnent en
chemin. L’improvisation ne plaît pas à tout le monde. »
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