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Passé, présent et avenir
Le bertsularisme a su s'adapter aux différentes époques, circonstances et
changements socio-culturels. Outre-Bidassoa, une des épreuves les plus dures
a été, sans aucun doute, l'adaptation à la nouvelle société basque qui est
passée de la vie rurale à la vie industrielle et urbaine. Cette transition
ne s'est pas faite sans difficulté pour le bertsularisme et certains n'ont
pas su s'adapter.
Parmi les novateurs de ce XXième siècle, il faut citer au moins deux
personnages hors du commun :
Iñaki Eizmendi (Basarri) et
Xabier Amuriza.
Sustrai Colina appartient à la
nouvelle génération de bertsularis du Pays Basque nord (photo : XDZ)
Basarri fut le grand champion du premier Concours Général de Bertsulari
en 1935 et depuis lors, grâce à sa rigueur intellectuelle, des joutes de
qualité ont eu lieu régulièrement. Il a su mettre également, les moyens
radiophoniques et les organes de presse au service du bertsularisme.
Les apports de Xabier Amuriza, quarante ans plus tard, que ce soit dans
le traitement du thème, la structure du bertsu ou l'emploi d'un langage
châtié et unifié, ont été d'une importance capitale.
Au travail réalisé par ces deux éminents bertsularis qui ont contribué à
donner une véritable image de marque à cet art séculaire, il faut aussi
ajouter toutes les études faites par les chercheurs tels que Manuel Lekuona,
Antonio Zavala, Xanti Onaindia, Juan-Mari Lekuona, Juan San Martin, Piarres
Lafitte, Jean Ithurriague, Alfonso Irigoien, José-Mari Aranalde, Jean
Haritschelhar, Joanito Dorronsoro, et bien d'autres...
Quant au futur, nous pouvons dire que le bertsularisme durera autant que
l'euskara, la langue basque. Actuellement le bertsularisme est en plein
essor, enseigné dans dans les écoles en langue basque et hors du temps
scolaire. Nombreux sont les prix et concours auxquels participent des
centaines de jeunes.
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Les guides
Des bertsularis vous accompagnent dans ce site. Au cours de votre
visite : cliquez sur leurs portraits pour découvrir leurs commentaires.
Xalbador
"Les messes chantées étaient célébrées également en semaine, et je
chantais pour accompagner le curé.
Je faisais mon devoir avec beaucoup de plaisir parce qu’à cette époque
j’avais le goût du chant. Je n’eus aucun mal à apprendre ces chants
religieux, bien que ne comprenant pas ce que je chantais : car à
l’époque, tout était en latin.
Quelques temps plus tard, je commençai à m’intéresser aux chants basques.
J’en appris quelques uns de la bouche de mes amis bergers, mais davantage
encore à partir de copies collectées ici ou là.
La plupart m’étaient fournies par ma tante Mariana. C’est ainsi que
j’appris de très nombreux chants basques. Il m’est arrivé de fredonner
quelquefois au milieu de mes brebis. Il me semblait qu’elles aussi
appréciaient le chant.
Par la suite, je commençais à penser que quelqu’un était à l’origine de ces
chants magnifiques.
J’appris même qu’on les appelait improvisateurs. Cela me parut
stupéfiant, difficile à croire. Parce que je ne pensais pas avoir un tel don
en moi.
Je demeurais fasciné à la pensée de ces personnages mystérieux".
Amets Arzallus
"Quand j’étais enfant, je n’avais pas de modèle, à l’exception de mon
père. Plus tard, vers 13/14 ans, j’ai commencé à réaliser que j’avais une
préférence pour une certaine façon de versifier, et j’ai commencé à savoir
quelle voie j’avais envie de suivre.
Depuis, chaque fois que l’on m’a demandé quel était mon improvisateur
favori, j’ai répondu : Jose Agirre. Mon père se sentait très proche de lui,
parce qu’issu du même environnement.
Pour nous, à l’inverse, qui sommes des enfants de la ville, Jose Agirre est
à l’opposé de ce que nous vivons : issu du monde paysan, élevé dans un petit
coin de campagne, il a commencé très tôt à travailler… Il est porteur
d’autres références, et cela se sent dans sa manière d’improviser.
A mes yeux il est un modèle parce qu’il utilisait une langue riche et des
phrases très vivantes, et parce qu’il représente un monde qui est à l’opposé
du nôtre".
Sustrai Colina
"Quand j’étais petit, je voulais être joueur de pelote. C’est à peine si
je soupçonnais que l’on pût devenir improvisateur.
Par la suite, progressivement, on commence à penser que l’on pourrait
être bertsolari, on essaie de capter le talent des autres, et on éprouve de
l’admiration pour certains d’entre eux.
Et puis vient le jour où ceux que l’on admirait sont à côté de vous, et
ils deviennent même vos amis. Nous avons connu toute cette évolution. C’est
le cas avec Joxe Agirre, soixante quinze ans et toujours improvisateur. Vous
découvrez la personne et elle devient encore plus attachante à vos yeux.
Cette figure, ce symbole se rend avec vous dans un village et vous n’en
revenez pas de constater avec quelle humilité il se comporte, toujours prêt
à vous aider.
C’est une chance incroyable de pouvoir rencontrer pareilles
personnalités. C’est aussi le cas d’Andoni Egaña, trois fois champion,
théoricien hors pair, improvisateur lumineux, novateur, précurseur, mais
qui, lorsqu’il se trouve avec vous autour d’une table, est un parmi les
autres. Nous avons de grandes leçons à tirer de ces rencontres"
Miren Artetxe
"Mon père, et surtout mon grand-père, étaient amateurs d’improvisation. A
l’âge de 9/10 ans, j’ai commencé à suivre les cours de l’école
d’improvisation, dont s’occupait alors Jexux Arzallus.
A 12 ans, avec Amets Arzallus, nous allions à Oiartzun suivre des cours.
Et au bout de quelques années, nous avons cessé d’aller là-bas eta nous
avons amené à Hendaye l’enseignant d’Oiartzun. C’est ainsi que nous avons
créé un nouveau groupe à Hendaye.
J’ai l’impression d’être née en sachant improviser. Je sais que ce n’est
pas le cas, mais c’est la sensation que j’ai. En fait, j’ai décidé que
j’aimais l’improvisation à l’âge de 16 ans, lorsque je me suis rendu compte
que je ne pouvais pas à la fois faire de la danse, du théâtre, de la
musique, de l’improvisation et de la pelote. Au moment de choisir, je me
suis rendu compte que ce que je ne voulais absolument pas abandonner,
c’était l’improvisation. A partir de là, je crois que j’ai mieux assumé.
Je suis convaincue que ce sont les gens, le groupe qui vous font tenir…
Parce que ce n’est pas facile quand on est jeune. Nous n’étions pas nombreux
à pratiquer cette discipline, peu de filles, et le groupe devenait de plus
en plus restreint.
Je pense qu’aujourd’hui les choses sont plus faciles. Il y a davantage de
groupes, et on favorise davantage l’improvisation"
Patxi Iriart
« J’ai pris goût à l’improvisation lorsque l’ikastola de Bayonne a ouvert
un cours. J’étais en CM2 et nous étions un petit groupe. A partir de là,
j’ai toujours continué. Karlos Aizpurua était notre professeur.
Je dois avouer qu’au départ j’ai été poussé par ma mère. Mais par la
suite, je me suis rendu compte que l’improvisation permettait d’apprendre
des tas de choses. En plus, c’était quelque chose de nouveau, et cela
changeait des activités habituelles comme le football ou la pelote.
Par la suite, quand les écoles d’improvisation ont démarré, nous nous
retrouvions en dehors des heures de cours, une heure par semaine, toujours
avec Karlos Aizpurua comme enseignant. Puis je suis parti au collège de
Cambo et là, un nouveau groupe s’est formé : nous étions quelques uns à
venir du lycée Bayonne, d’autres venaient du Pays basque intérieur.
A présent, nous sommes cinq, quatre garçons et une fille. Au départ, nous
étions plus nombreux, tout simplement parce que certains abandonnent en
chemin. L’improvisation ne plaît pas à tout le monde. »
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