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La dynastie Enbeita et le champion Amuriza
En Biscaye, parmi les plus anciennes références du bertsularisme,
nous trouvons Juan Krutz de la Fuente argentier à Durango et auteur
notamment de "Ator, ator mutil etxera" chanté encore de nos jours.
Mais il faut surtout parler de la famille Enbeita véritable "dynastie" qui a
su redorer le blason du bertsularisme dans cette province tellement
industrialisée :
Kepa Enbeita (1878-1942), son fils
Balendin (1906-1986), et son petit-fils Jon (1950). Actuellement, la
fille de ce dernier,
Oihane Enbeita fait partie des meilleurs bertsularis de sa province.
Lopategi
Le champion Jon Lopategi (1933) et de Jon Azpillaga (1934) ont parcouru
durant deux décennies de très nombreuses places du Pays Basque.
Leur ardeur en faveur de la défense des droits du peuple basque leur a
valu de goûter aux geôles franquistes. A côté de ces deux « monstres
sacrés », Mugartegi et Mañukorta étaient, en un moment donné, très
sollicités.
Mais la Biscaye peut s'enorgueillir surtout d'avoir vu naître un
Xabier Amuriza, qui a su moderniser, de façon magistrale, l’art de
l’improvisation versifiée.

Lire et écouter un bertsu de
Xabier Amuriza
Amuriza
Avec quelques confrères prêtres, il s’enferma dans une église pour
protester contre sa hiérarchie qui acceptait trop facilement la répression
franquiste étouffant le peuple basque. Pour cet acte, il fut sévèrement
condamné. Il passa six ans dans un monastère-prison de Zamora, spécialement
ouverte pour punir les éclésiastiques qui, selon le Concordat, ne pouvaient
être emprisonnés. Amuriza mit cette longue période à profit pour analyser le
phénomène du bertsularisme et étudier les voies à emprunter pour passer d’un
bertsularisme « rural » à un bertsularisme « moderne »,
capable d’attirer la jeunesse et entrer au XXIe siècle par la grande
porte.
A sa sortie de prison, il quitta la praîtrise et commença à chanter sur
les places publiques.
Amuriza a su donner, par l’élégance de style et un raffinement dans
l’argumentaire, un ton nouveau jusqu’alors jamais égalé. Très vite, il est
devenu une référence pour les jeunes, mais en même temps, il était détesté
par les « traditionnalistes » qui ont horreur que les choses
bougent.
Auteur de plusieurs ouvrages sur ce sujet, il a été champion du Pays
basque à deux reprises : en 1980 et 1982.
Igor Elorza
Les bertsularis les plus « en vogue » ces dernières années en
Biscaye : Unai Iturriaga, Fredi Paia, Oihane Enbeita, Igor Muniategi,
Iratxe Ibarra, Beñat Gaztelurrutia, et bien sûr, Igor Elorza qui a obtenu trois fois consécutives, le titre de champion de la
province.
En 2006 c'est Xabi Paia qui l'a emporté.
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Les guides
Des bertsularis vous accompagnent dans ce site. Au cours de votre
visite : cliquez sur leurs portraits pour découvrir leurs commentaires.
Xalbador
"Je crois que cette tradition d’improvisation dans les tavernes avait été
apportée par un berger qui venait de Zaldibi, en Gipuzkoa.
Cet homme s’appelait Joxe Tolosa. Sa femme aussi était du Gipuzkoa. Il
s’agissait des parents de Lorentzo, que j’ai déjà évoqué.
Cher Joxe… Quand il commençait à avoir le gosier chaud, comme il le
disait lui-même, il se mettait à improviser. Et si, comme je le pense, c’est
lui qui amena ici cette tradition, c’est aussi grâce à lui que je
débutai.
Par conséquent, même si je ne veux pas leur attribuer tous les mérites, les
gens du Gipuzkoa ont joué un grand rôle, dès le début, dans le fait que je
sois devenu improvisateur. Ce qu’ils pourraient formuler ainsi : après
cela, pas de commentaire."
Amets Arzallus
"Quand j’étais enfant, je n’avais pas de modèle, à l’exception de mon
père. Plus tard, vers 13/14 ans, j’ai commencé à réaliser que j’avais une
préférence pour une certaine façon de versifier, et j’ai commencé à savoir
quelle voie j’avais envie de suivre.
Depuis, chaque fois que l’on m’a demandé quel était mon improvisateur
favori, j’ai répondu : Jose Agirre. Mon père se sentait très proche de lui,
parce qu’issu du même environnement.
Pour nous, à l’inverse, qui sommes des enfants de la ville, Jose Agirre est
à l’opposé de ce que nous vivons : issu du monde paysan, élevé dans un petit
coin de campagne, il a commencé très tôt à travailler… Il est porteur
d’autres références, et cela se sent dans sa manière d’improviser.
A mes yeux il est un modèle parce qu’il utilisait une langue riche et des
phrases très vivantes, et parce qu’il représente un monde qui est à l’opposé
du nôtre".
Sustrai Colina
"Bien que les personnalités, les modes de vie, les origines des
improvisateurs soient très différents, le fait de devoir offrir un bon
“spectacle” au public resserre encore les relations entre nous : quand on
vit un moment difficile aux côtés d’une personne, en principe la relation
avec cette personne se renforce. C’est ce qui se passe entre nous. Il est
important pour nous que cela se passe bien avec les autres.
La seule compétition, c’est avec nous-mêmes. Certes je veux gagner, mais
je ne veux pas que l’autre perde. Et les championnats, en particulier les
finales de championnats, ont ceci de particulier que si nous réussissons
tous notre prestation, nous restons sur une bonne impression.
Personne n’a perdu, même si l’on finit huitième. Le public tient
davantage compte de la prestation que de la place. Et cela nous aide
beaucoup à nous surpasser et à exclure tout esprit de compétition"
Miren Artetxe
"Mon père, et surtout mon grand-père, étaient amateurs d’improvisation. A
l’âge de 9/10 ans, j’ai commencé à suivre les cours de l’école
d’improvisation, dont s’occupait alors Jexux Arzallus.
A 12 ans, avec Amets Arzallus, nous allions à Oiartzun suivre des cours.
Et au bout de quelques années, nous avons cessé d’aller là-bas eta nous
avons amené à Hendaye l’enseignant d’Oiartzun. C’est ainsi que nous avons
créé un nouveau groupe à Hendaye.
J’ai l’impression d’être née en sachant improviser. Je sais que ce n’est
pas le cas, mais c’est la sensation que j’ai. En fait, j’ai décidé que
j’aimais l’improvisation à l’âge de 16 ans, lorsque je me suis rendu compte
que je ne pouvais pas à la fois faire de la danse, du théâtre, de la
musique, de l’improvisation et de la pelote. Au moment de choisir, je me
suis rendu compte que ce que je ne voulais absolument pas abandonner,
c’était l’improvisation. A partir de là, je crois que j’ai mieux assumé.
Je suis convaincue que ce sont les gens, le groupe qui vous font tenir…
Parce que ce n’est pas facile quand on est jeune. Nous n’étions pas nombreux
à pratiquer cette discipline, peu de filles, et le groupe devenait de plus
en plus restreint.
Je pense qu’aujourd’hui les choses sont plus faciles. Il y a davantage de
groupes, et on favorise davantage l’improvisation"
Patxi Iriart
« J’ai pris goût à l’improvisation lorsque l’ikastola de Bayonne a ouvert
un cours. J’étais en CM2 et nous étions un petit groupe. A partir de là,
j’ai toujours continué. Karlos Aizpurua était notre professeur.
Je dois avouer qu’au départ j’ai été poussé par ma mère. Mais par la
suite, je me suis rendu compte que l’improvisation permettait d’apprendre
des tas de choses. En plus, c’était quelque chose de nouveau, et cela
changeait des activités habituelles comme le football ou la pelote.
Par la suite, quand les écoles d’improvisation ont démarré, nous nous
retrouvions en dehors des heures de cours, une heure par semaine, toujours
avec Karlos Aizpurua comme enseignant. Puis je suis parti au collège de
Cambo et là, un nouveau groupe s’est formé : nous étions quelques uns à
venir du lycée Bayonne, d’autres venaient du Pays basque intérieur.
A présent, nous sommes cinq, quatre garçons et une fille. Au départ, nous
étions plus nombreux, tout simplement parce que certains abandonnent en
chemin. L’improvisation ne plaît pas à tout le monde. »
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