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3. L'élaboration du contenu
Il ne reste plus à notre bertsulari qu’à compléter les vers de manière à ce
que la strophe ait un sens par rapport au sujet donné et à la chanter...
Voila le résultat :
Manex gaztea, lerden ederra, eskuan mizpir makila
Zuberoako mendi mendian dabil kasko goren bila...
Leize zilorat lerratu eta, gelditu da seko hila !
Horra zergatik, pena dolorez, mintzatu zaigun ezkila...
Jean, homme jeune, svelte et beau, un bâton de néflier à la main
Faisait de la montagne, en Soule, fixant les plus hauts sommets
Il a glissé. Tombant dans un gouffre, il a été tué sur le coup
Voila pourquoi, la cloche nous exprime sa peine et sa douleur
Si
le public attache beaucoup d'importance à la forme, il exige aussi du
bertsulari un développement parfait du thème, créant la surprise.
Plus le bertsulari est imaginatif et vif d'esprit, meilleur est le
contenu de son bertsu.Au cours de l'improvisation, le bertsulari emploie les
techniques de la rhétorique caractérisées dans ce cas par la rapidité de
leur utilisation. Le bertsulari utilise aussi les règles de la prosodie,
avec une particularité : la dernière phrase de la strophe est l'axe de
construction du bertsu dans sa totalité.
Bien sûr c'est en situation d'improvisation réelle que l'on mesure le
mieux toute la complexité et le caractère admirable de la prestation
d'un bertsulari .
Pour illustrer notre propos, nous vous proposons de
consulter et d'écouter ici un bertsu d'anthologie composé par
Xabier Amuriza lors du Championnat général des improvisateurs en
1980.
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Les guides
Des bertsularis vous accompagnent dans ce site. Au cours de votre
visite : cliquez sur leurs portraits pour découvrir leurs commentaires.
Xalbador
"C’était la première fois que j’entendais des improvisateurs ; mais
ils n’étaient pas comme je les avais imaginés ; et pas toujours non
plus du niveau des auteurs des chants que j’avais appris.
Je fus surpris. Il ne fait aucun doute que je ne les considérais même pas
comme des improvisateurs. Autrement, ce qui arriva ne se serait jamais
produit. Ils s’en donnaient à coeur joie, sans répit, mais comme ils
pouvaient ; et moi, je pensai en moi-même : moi aussi je pourrais faire
aussi bien qu’eux !
A un moment où ils s’étaient pratiquement tus, presque contre ma propre
volonté, je leur adressai un couplet, de la fenêtre où je me trouvais. Tous
me regardèrent et, comme des chiens, se jetèrent sur moi. Cela les avait
dérangés qu’un jeune morveux s’introduisit parmi eux. Comme si j’avais fait
quelque chose de mal, je m’enfuis vers la montagne, en compagnie de
Lorentzo.
Ce fut là ma première improvisation. J’avais seize ans".
Amets Arzallus
"Dès que le thème vous est donné, vous avez des milliers d’idées qui vous
assaillent l’esprit, très vite et dans le désordre, et vous devez décider de
la manière dont vous allez aborder le sujet, sur quel ton vous allez le
chanter, et parfois vous devez même le situer dans un contexte.
Il m’est arrivé souvent de repenser à ce que j’aurais pu chanter sur tel
ou tel sujet qui m’avait été attribué.
J’ai pu avoir des regrets, dans la mesure où je n’étais pas complètement
satisfait de ce que j’avais fait. C’est une façon de continuer à
s’améliorer, d’approfondir son propre travail, et de chercher de nouvelles
voies pour les fois suivantes"
Sustrai Colina
"En théorie, l’improvisation précédente est le point de départ de votre
improvisation. Si celui qui vous précède vous pose une question, vous devez
lui répondre. Bien entendu, dans un championnat, devant beaucoup de gens,
l’homme est ainsi fait qu’il a toujours tendance à glisser vers la
facilité…
Si vous placez bien votre idée en deux points, et si vous savez que dans
les deux premiers points vous répondrez à l’autre, vous avez la moitié de
votre improvisation ficelée avant de commencer à chanter, vous avez quelque
chose de sûr, c’est une astuce qui vaut la peine.
Ce qui est méritoire c’est de faire le vide jusqu’à ce l’autre ait fini
son improvisation et de commencer sa propre improvisation à ce moment là,
durant ces dix secondes"
Miren Artetxe
"C’est difficile à avouer, mais nous prétendons toujours qu’il faut être
ouvert, qu’il ne faut pas avoir d’idées préconçues, et nous sommes les
premiers à en avoir.
Dans le bon sens aussi, il m’est arrivé de me surprendre. Il suffit de
voir que quelque chose qui vient de soi touche le public, ou simplement que
les gens rient, ou alors que l’on officie avec un autre improvisateur,
réaliser qu’on est arrivé à démonter tout son discours…
Dans ces moments là, on se dit : “J’ai vraiment réussi quelque chose !”.
Ce sont des petits pas que l’on accomplit.
Voir mon grand-père pleurer de joie après une improvisation, ou un ami,
tout particulièrement quelqu’un qui ne se passionne pas pour
l’improvisation, rire en écoutant des vers, voilà ce qui compte le plus. Si
je suis contente de ce que j’ai fait, et que je vois que les autres sont
contents aussi, je ne demande pas davantage"
Patxi Iriart
"Une fois que le thème m’a été donné, je pense à l’idée que je vais
placer à la fin de mon improvisation. Parce que le public se souvient
toujours de la fin.
Ensuite, il faut remonter l’improvisation, préparer le dernier point,
celui qui est porteur de l’idée, et développer l’explication de ce dernier
point dans les points qui précèdent. La question de la mélodie n’est pas un
problème, parce que nous la choisissons entre improvisateurs, et nous
utilisons des mélodies que nous connaissons. De nouvelles mélodies peuvent
être créées, et nous, nous les apprenons.
J’ai plus de difficultés que les autres parce que j’ai une mauvaise
oreille, mais je parviens tout de même à les apprendre. Pour moi, le plus
difficile est de trouver l’idée. Mais nous avons une certaine pratique à
présent, et nous finissons toujours par trouver quelque chose.
Notre professeur nous donne quelques techniques pour améliorer nos vers
et nos voix, la mienne étant un peu maladroite…
En ce moment, au début du cours, pendant dix minutes, nous étudions des
improvisations anciennes. Nous les lisons et nous les chantons. C’est ainsi
que nous apprenons"
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