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Paroles et musique
Pour faire cadrer les paroles avec la mélodie, l'improvisateur se permet souvent quelques "fantaisies" :
Suppression de syllabe en début ou en fin de mot :
- "mazte" au lieu de "emazte" (femme)
- "itxur ederra" au lieu de "itxura ederra" (bel aspect)
Ajout de syllabe en fin de mot :
- "hortarikan" au lieu de "hortarik" (de cela)
- "Senperereren omena" au lieu de "Senpereren omena" (la renommée de St-Pée).
Arrangements possibles pour l'adéquation de la mélodie au rythme du vers ou réciproquement :
- quand le texte est trop court, une syllabe peut être chantée sur deux notes.
- quand il est très long, des notes d'ornementation sont ajoutées.
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Les guides
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visite : cliquez sur leurs portraits pour découvrir leurs commentaires.
Xalbador
"C’était la première fois que j’entendais des improvisateurs ; mais
ils n’étaient pas comme je les avais imaginés ; et pas toujours non
plus du niveau des auteurs des chants que j’avais appris.
Je fus surpris. Il ne fait aucun doute que je ne les considérais même pas
comme des improvisateurs. Autrement, ce qui arriva ne se serait jamais
produit. Ils s’en donnaient à coeur joie, sans répit, mais comme ils
pouvaient ; et moi, je pensai en moi-même : moi aussi je pourrais faire
aussi bien qu’eux !
A un moment où ils s’étaient pratiquement tus, presque contre ma propre
volonté, je leur adressai un couplet, de la fenêtre où je me trouvais. Tous
me regardèrent et, comme des chiens, se jetèrent sur moi. Cela les avait
dérangés qu’un jeune morveux s’introduisit parmi eux. Comme si j’avais fait
quelque chose de mal, je m’enfuis vers la montagne, en compagnie de
Lorentzo.
Ce fut là ma première improvisation. J’avais seize ans".
Amets Arzallus
"Lorsqu’un thème vous est donné, vous vous mettez immédiatement dans la
peau de quelqu’un d’autre, ou dans votre propre peau face à une situation
précise, et en principe vous commencez par imaginer la fin, parce que c’est
la conclusion qui donne sa force à l’improvisation.
Si la fin est mauvaise, le public considèrera l’improvisation comme
mauvaise ; si elle est bonne, il estimera que les vers sont bons.
Même si le cheminement intermédiaire peut influer sur la qualité de
l’improvisation, la conclusion pèsera sur l’ensemble à 90%. C’est elle qui
vous donne le pied et la rime. Si vous avez : Hendaiara etorri gira
gezur batzu erratera… (-Nous sommes venus à Hendaye raconter
des mensonges -), il vous faut trouver des mots se terminant par tera,
ou atera, ou encore era. Et en fonction de ces mots, vous articulez votre
improvisation point par point.
Très souvent, lorsque vous avez la fin et certains pieds, vous commencez à
chanter, sans réfléchir davantage, ou bien si vous avez un peu de temps,
vous le mettez à profit pour mieux ciseler vos vers.
Il me paraît très difficile d’analyser ce processus"
Sustrai Colina
"Au moment d’improviser, on pense d’abord au dernier point, à la
conclusion. Ce n’est rien d’autre que que de la rhétorique : quand on fait
un discours, quel qu’il soit, on essaie toujours de placer à la fin l’idée
maîtresse.
Ensuite, ce qui est important c’est le cheminement qui va conduire à
cette idée majeure. Il faut savoir que l’improvisation est chantée, mesurée
et rimée. Avec la pratique, l’argument de fin vous vient à l’esprit déjà
mesuré. Et c’est le dernier mot de cet argument qui vous donne la rime.
A force de pratiquer, vous avez en tête une liste de pieds et de mots qui
ont la même terminaison. En partant de cette liste, vous commencez à
composer vos points. Mais pour chanter vous ne pouvez pas attendre deux
minutes, donc vous commencez, en sachant que les autres points viendront au
fur et à mesure.
Quand vous officiez à deux, vous devez faire en sorte que votre dernière
idée réponde à l’improvisation précédente, car l’improvisation est un
débat"
Miren Artetxe
"Quand on est sur scène et que l’on entend le sujet, on doit avant tout
se s’interroger sur ce que l’on veut dire sur ce sujet, à ce public. Cela se
fait en vingt secondes : penser à ce que l’on a envie de dire, mettre
en place ses idées en fonction de ce que l’on veut dire, et ensuite
chanter.
L’auditeur entend l’improvisation à l’envers, il lui semble que
l’improvisateur l’a conçue dans l’ordre où il la chante, et là est le piège.
L’improvisateur emmène l’auditeur là où il veut : il sait où il va,
mais l’auditeur lui ne le sait pas. C’est l’un des charmes de
l’improvisation. Et la fin est importante.
L’improvisation est un discours concentré, dont l’impact se trouve dans
sa conclusion. L’improvisation doit être efficace. Jusqu’ici, on a associé
l’efficacité à une bonne argumentation, à une image forte, ou à une solide
comparaison. Mais il y a d’autres voies, plus simples.
Je ne serai peut-être pas de ceux qui exploreront ces voies, parce que
pour explorer de nouvelles voies il faut d’abord bien connaître les
anciennes, et avoir un bon niveau. Mais je pense qu’il y a des
improvisateurs capables d’innover. C’est le cas de Maddalen Lujanbio,
d’Iturriaga et de Maia.
Actuellement, le niveau d’improvisation est tellement bon que la voie est
ouverte à la création. Je crois que c’est dans cette direction qu’il faut
aller"
Patxi Iriart
"Une fois que le thème m’a été donné, je pense à l’idée que je vais
placer à la fin de mon improvisation. Parce que le public se souvient
toujours de la fin.
Ensuite, il faut remonter l’improvisation, préparer le dernier point,
celui qui est porteur de l’idée, et développer l’explication de ce dernier
point dans les points qui précèdent. La question de la mélodie n’est pas un
problème, parce que nous la choisissons entre improvisateurs, et nous
utilisons des mélodies que nous connaissons. De nouvelles mélodies peuvent
être créées, et nous, nous les apprenons.
J’ai plus de difficultés que les autres parce que j’ai une mauvaise
oreille, mais je parviens tout de même à les apprendre. Pour moi, le plus
difficile est de trouver l’idée. Mais nous avons une certaine pratique à
présent, et nous finissons toujours par trouver quelque chose.
Notre professeur nous donne quelques techniques pour améliorer nos vers
et nos voix, la mienne étant un peu maladroite…
En ce moment, au début du cours, pendant dix minutes, nous étudions des
improvisations anciennes. Nous les lisons et nous les chantons. C’est ainsi
que nous apprenons"
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