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La difficulté du rôle du meneur de jeu
Le rôle du meneur de jeu est très important mais aussi très
délicat.
Grâce à lui, les joutes qui jusque là se faisaient "à la bonne franquette"
ont pris l'allure de véritables cérémonies. Les improvisateurs doivent
scrupuleusement suivre les directives de l'animateur.
Le meneur de jeu en action lors d'une
joute à Saint-Jean-de-Luz : Andoni Egaña et Sebastian Lizaso l'écoutent
attentivement - Novembre 2004(photo : S.Dabadie)
Cela un bon côté : le bertsulari n'a plus à se creuser la tête pour
"chercher" ses sujets mais parfois il arrive que la joute ressemble à un
examen fort difficile que les improvisateurs n'apprécient pas
toujours.
Ils doivent se plier aux exigences de l'animateur qui leur demande soit de
chanter deux ou trois strophes, sur le même sujet.
Ainsi, quelquefois, deux strophes ne leur suffisent pas pour arguer de façon
efficace, ou bien, la troisième strophe est de trop car tout a été déjà dit
!
Le rôle de l'animateur consiste aussi à varier les thèmes en proposant, par
exemple, après un sujet sérieux, un sujet à caractère comique, de sorte que
la joute soit la plus équilibrée possible. Mais faire le liant n'est pas
facile.
Parfois, le manque d'expérience du meneur de jeu bloque les bertsularis et
la qualité de la joute en pâtit. Pour pallier ce risque, quelques études ont
été menées. Il s'avère qu'un meneur de jeu n'est pas nécessaire à chaque
joute... Mais les bertsularis, maintenant, ont pris l'habitude d'en avoir
un. Alors que faire ? Tout d'abord prendre exemple sur Teodoro Hernandorena,
Joxe-Mari Aranalde, Juan-Mari Lekuona, Joxe-Mari Iriondo, Michel Labeguerie
et Michel Itzaina, entre autres, qui ont été ou sont encore d'excellents
animateurs. Et savoir que le "métier" de meneur de jeu s'apprend comme celui
de bertsulari.
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Les guides
Des bertsularis vous accompagnent dans ce site. Au cours de votre
visite : cliquez sur leurs portraits pour découvrir leurs commentaires.
Xalbador
"Après la guerre, lorsque Ernandorena commença à chercher des
improvisateurs par ici, il fut conduit jusqu’à moi. Il m’emmena au
championnat qu’il avait organisé à Saint-Jean-de-Luz.
Je m’y rendis en compagnie d’Iriarte et de Zubikoa, de Banka, et je dois
dire que tous les autres, rassemblés là-bas, m’étaient parfaitement
inconnus.
C’est également à cette occasion que je fis la connaissance de notre cher
Mattin, d’Etxahun et du défunt Errexil.
Cette journée de Saint-Jean-de-Luz eut pour moi une grande importance, et
je peux dire sans honte que c’est grâce à Ernandorena que tout le Pays
basque nous a découverts, Mattin et moi ; mieux encore, c’est avec ce
Monsieur que nous nous sommes rendus à Paris".
Amets Arzallus
"Le premier concours auquel j’ai participé était le concours inter-écoles
du Gipuzkoa. J’avais 8 ans.
Nous avions chanté là-bas parce qu’il n’y avait personne d’autre pour
représenter le Pays basque nord, et donc nous avons constitué un groupe à
Hendaye.
Nous étions trois : Sustrai Colina, ma sœur et moi. Nous avons chanté
devant un public, à Beasain. Nous ne savions pas encore ce qu’était le trac.
Et si nous avons eu du succès, c’était du fait de la situation qui était
amusante : voir ces petits garçons et cette petite fille chanter avec des
enfants de 14 ans…
L’année suivante, à 9 ans, nous avons chanté à nouveau et là nous sommes
parvenus en finale. C’était à Donostia.
Je crois que nous ne réalisions pas ce que nous étions en train de faire.
Ensuite, nous sommes passés au niveau supérieur et nous avons concouru avec
les adultes"
Sustrai Colina
"J’ai commencé à improviser à huit ans, et à douze ans j’ai abandonné,
pour recommencer à quinze ans, à Hendaye.
Un nouveau groupe s’était formé, avec un nouvel enseignant, et
progressivement, nous avons commencé à aller également à Oiartzun. A
présent, c’est là-bas que nous avons notre groupe et nous y allons
régulièrement.
Nous avons toujours eu un très bon groupe et c’est la seule façon de
faire avancer une école d’improvisation. L’improvisation est un prétexte.
Elle n’est pas indispensable dans la vie, par conséquent si vous n’avez pas
un groupe qui vous motive, vous abandonnez facilement.
Je ne me souviens pas de notre première intervention en public, mais je
n’en ai pas de mauvais souvenir, cela ne m’a pas traumatisé et c’est très
important. Lorsque vous avez souffert dans un domaine, vous n’avez pas envie
de continuer.
Actuellement, plus que de la peur, je ressens une certaine tension. Et
cette tension est nécessaire. Trop de décontraction n’est pas bon pour
improviser. Les réflexes vous font défaut et, de même qu’être trop nerveux
est mauvais, en étant trop décontracté on peut se retrouver totalement
bloqué. Alors tendu, oui, avant de commencer, jusqu’au moment où l’on se
place face au public.
Ce vertige là me plaît. C’est un moment extrêmement fort"
Miren Artetxe
"Je me souviens de la première fois où je me suis produite en public.
J’avais onze ans, c’était à Arrasate, en finale du championnat
inter-scolaire du Pays basque.
Je suis montée sur scène, avec mes pantalons courts… J’étais nerveuse,
mais bien, je ne sentais pas du tout de pression. Pour moi, l’improvisation
a toujours été un jeu et je n’ai pas ressenti d’appréhension particulière.
J’ai ressenti davantage de honte par la suite, à la lecture vers que j’avais
improvisés !
Cela reste une belle expérience, qui aurait pu être traumatisante :
à onze ans, se retrouver brusquement devant un public, à devoir improviser
des vers, quand tu n’as jamais fait cela, en championnat, donc en étant
jugée, sachant aussi que tout cela sortirait dans la presse… Mais
finalement, le public a été très indulgent. Trop, peut-être. Jusqu’ici ils
m’ont toujours perçue comme étant une fille, petite de surcroît, et cela
leur suffisait. Je dois avouer que, d’un côté, cela m’arrange qu’ils ne
soient pas trop critiques, mais d’un autre côté, ce serait bien que tout le
monde soit jugé de la même façon.
J’ai remporté quelques prix : dans les championnats inter-scolaires,
au Pays basque nord, le prix Xenpelar, et en septembre 2004, le prix
Lizardi. Le seul dont je sois vraiment fière, c’est ce dernier prix. Là, je
me suis dit : celui-là, tu le mérites vraiment !.
C’est la première fois que j’assume une récompense"
Patxi Iriart
"Je me souviens de la première fois où j’ai improvisé. Je ne sais pas
quand c’était, mais je peux dire que je devais adresser un salut à Sustrai
Colina.
Nous étions tout jeunes et eux avaient une session d’improvisation. Bien
que nous ayons préparé cela auparavant, j’ai eu très peur.
J’avais trois copains à mes côtés, et eux aussi devaient faire la même
chose avec les autres improvisateurs présents, et ce fut très difficile.
Ensuite on s’habitue, heureusement. Finalement, nous prenons beaucoup de
plaisir.
Chaque année nous participons au championnat inter-scolaire, réservé aux
jeunes jusqu’à 18 ans. Une sélection éliminatoire a lieu au Pays basque
nord, et deux ou trois d’entre nous vont en finale.
J’y ai participé régulièrement, et ce n’est jamais facile"
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